Les lices

Compte-rendu du conseil municipal du 14 Mai 1855

La séance ouverte, Mr le président prend la parole ainsi qui suit :

« Vous savez messieurs les graves inconvénients que causé au pays la chaussée du Rhône quand elle était adossée aux maisons du midi du village, non seulement ces maisons étaient enterrées jusqu’au premier étage par cette partie de diguer ce qui les privaient d’avoir le jour et le soleil comme les autres habitations mais encore chaque fois qu’il pleuvait elles se remplissaient d’eau. Le mur du jardin du presbytère était plusieurs fois tombé, pour arriver à son écurie on était obligés de passer par la fenêtre du grenier à foin.

Ainsi ce quartier qui par son exposition au midi devait être le plus agréable du pays, les maisons en avaient été abandonnées ou on en avait fait des écuries. Vous savez aussi que de plus fâcheux désagrément existaient encore, on ne pouvait sortir de ces maisons qu’en montant sur la chaussée, laquelle, était une principale rue du village, au pied de qu’elle étaient la Caisse d’Emprunts presque toujours pleine d’eau, soit des pluies ou des crues du Rhône, et ce n’est pas malheureusement sans exempter que de nos concitoyens en soit tomber avec ses charrettes attelées, fort heureusement je ne me rappelle pas avoir vu d’autres malheurs que de fortes contusions aux hommes comme aux bêtes et les charrettes brisées ; il n’en était malheureusement pas ainsi des enfants, malgré la surveillance des mères et les prompts secours que chacun apportait au premier cri qu’un enfant était tombait à l’eau, chaque année quelqu’un y trouver la mort.

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Cette fâcheuse position allait aggraver lors du dernier rehaussement que vient de faire le syndicat. Fort heureusement nous eûmes l’idée de demander et nous obtînmes le changement de cette partie de diguer ; elle est aujourd’hui à plus de vingt mètre de distance du village, cet emplacement forme un boulevard naturel dont j’ai fait lever le plan. Vous y verrez une promenade de 12 mètres et un chemin de service de 7 mètres de largeur entre celui-ci et quelques maisons, reste des emplacements que la commune peut aliéner à son profit. Ainsi, conservant cette position jamais on n’aura plus besoin de passer sur la chaussée ce qui nous exempte des désagréments sus rappelés, ce quartier qui n’était pas habitable vient ce qu’il doit être et le développement de la chaussée d’avec les maisons retirait les eaux croupissantes des caisses d’emprunts, assainira le pays. Par tous ces motifs vous le savez très bien, je conclue à vous prier de bien vouloir adopter :

  • -La présente délibération ainsi que le plan du boulevard
  • -Permettre que la commune vende à l’amiable aux riverains qui voudront en faire l’acquisition le terrain qui reste entre les maisons et le chemin de service
  • -De suivre l’alignement qui y est tracé et qu’aucune maison n’y soit construite avec une façade donnant sur la promenade qu’avec décors et agrément, le tout tracé par un architecte ou tout au moins un homme de l’art
  • -Que le présent emplacement doit toujours être conservé place publique au moins tant que la chaussée restera à la place qu’elle est aujourd’hui
  • -Enfin que les arbres de la promenade y soit planté l’hiver prochain, la dépense qui est minime sera prise pour le travail, sur la somme portée à l’atelier de charité et pour l’achat des arbres sur les excédents de recettes et autorisée par crédit supplémentaires

Ont signé les membres présents à la séance : Benet, Maury, Pascal, Faisse, chaulet, Commune, Meger, Roche  (Archives communales de Fourques 1D10)

Les Lices à Fourques

La création de cette promenade date de 1855. La délibération du Conseil Municipal en date du 14 mai 1855 nous donne les raisons de sa construction : empêcher les fréquentes inondations et assainir le « pays ». En effet la chaussée du Rhône était adossée à des maisons « enterrées jusqu’au 1er étage par cette partie de digue ;…et chaque fois qu’il pleuvait elles se remplissaient d’eau » . Aussi, les maisons avaient été abandonnées ou transformées en écuries. Heureusement, le Conseil Municipal pris la décision de faire reculer la digue initiale de plus de 20 m et décida de destiner à la promenade publique l’emplacement ainsi libéré.